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Allaitement et adoption

Allaiter un bébé adopté

Comme il est possible de relacter son bébé suite à une interruption de lactation, il est possible d'allaiter son enfant adopté.

Ce geste est aussi source affective supplémentaire pour l'enfant qui est séparé de sa mère naturelle, traumatisme non négligeable.

 

Allaitement et adoptionPourquoi allaiter un bébé adoptif ?

L'allaitement est le plus puissant outil naturel pour créer le lien charnel avec son enfant.

Allaiter, ce n'est pas seulement apporter des nutriments, des agents anti-infectieux, c'est un geste d'amour. Pourquoi certains bambins continuent-il de téter, alors que la mère n'a plus de lait (dans le cadre d'un sevrage progressif, ou d'une nouvelle grossesse en cours)?

Attention: ce n'est pas le seul geste d'amour d'une mère à un bébé, chaque mère materne à sa manière, bébé-sein ou bébé-biberon.

Mais il y a des femmes qui conçoivent leur geste, leur parole d'amour, par le sein car c'est un mode d'expression, une façon pour elle de dire à leur bébé: "je t'aime". Certaines personnes savent le dire, sentent que c'est leur façon de s'exprimer; d'autres ont besoin de gestuelles spécifiques, des bercements particuliers.

Et d'autres, c'est par la mise au sein, qu'elles accomplissent leur geste d'amour, c'est la mise au sein, qui leur semble le mieux illustrer leur amour.

Comment est-ce possible?

L'arbre mammaire de départ est à l'état de bourgeon, il ne bénéficie pas (pas encore) de son réseau important d'acini (ces "globules" rassemblés en grappe de raisin), ni de l'hypervascularisation qui caractérise la poitrine de la femme enceinte; le "réseau" hormonal de la femme n'est pas non plus adapté, aucune information ne permettant à l'hypophyse de lancer la sécrétion hormonale adéquate.

Alors comment va-t-on mettre en route la lactation ?

en commençant par une information mécanique: stimuler les seins;

Par leur stimulation, les seins soudainement stimulés vont donner ordre à l'hypophyse de déclencher un processus hormonal: ocytocyne et prolactine (deux hormones sécrétées par l'hypothalamus), ce qui va lancer la mise en route de la lactation, entraînant la réaction physique de développement de l'arbre mammaire: acini et canaux lactifères, vascularisation de la poitrine.

Il va falloir une très large semaine avant d'obtenir "la" première goutte de lait; et encore une large semaine avant d'obtenir 30 millilitres; ensuite, cela va plus vite; mais on peut s'aider....

Comment faire ?

Si l'enfant n'est pas encore entré dans la vie du couple:

c'est la stimulation manuelle et/ou mécanique qui va lancer le processus:

  • massage aréolaire,
  • expression au tire-lait,
  • le compagnon peut aussi téter les seins, je sais que ceci peut sembler choquant, mais c'est une pratique qui fut usuelle; cela choque du fait de la multiplicité du rôle du sein dans nos vies et puis... on peut faire "sans"!

l'enfant est né et dans l'attente des dernières formalités, la mère naturelle accepte les mises au sein par la mère adoptive.

Idéalement, ces stimulations se feront tous les jours, plusieurs fois par jour; plus le temps se rapprochera de l'arrivée de Bébé dans votre vie, et plus les stimulations devront se rapprocher du rythme du bébé (toutes les 2-3 heures si possible). Il faut aussi que ces stimulations se fassent dans un climat de confiance, et de positivité; si vous vous sentez démoralisée, attendez un meilleur moment, ce jour-là ou le lendemain.

Enfin sachez que le tire-lait générateur double pompage qu'on loue en pharmacie est l'idéal, le double pompage permet de stimuler les deux seins en même temps et cela va vous être utile, même si vous adoptez un seul enfant: deux seins stimulés fabriquent + de lait que stimulés l'un après l'autre; deux seins en même temps stimulés en même temps c'est 20 minutes de séance tire-lait au lieu de 2*20 minutes....

Quand le lait est là:

La première étape est franchie.

Il faut continuer à stimuler les seins comme ci-dessus, voire il faut s'appuyer sur des éléments à vertu galactogogue.

En première intention, vous pouvez vous aider de: le fenugrec (6 gélules par jours, on peut augmenter les doses à 10 gélules jours le cas échéant); le fenouil; l'homéopathie (qui peut aider, consulter pour un traitement adéquat).

Quand l'enfant est enfin à la maison (lait ou pas lait maternel):

D'abord, il faut procéder à une, deux,trois, x tentatives de mise au sein, poitrine dénudée, afin d'offrir un large contact charnel, être le plus détendue possible, en ne se cabrant pas si les premières mises au sein ne paraissent pas idéale.

Je n'aiderai pas beaucoup, mais dans le cadre d'une mise au sein post-partum, nombre de mères ne sont pas à l'aise non plus, laissez-vous à vous et à votre bébé, le temps de faire sein-connaissance.

La maman peut s'aider en proposant des mises au sein quand l'enfant voudrait ou va s'endormir, quand il va se réveiller (guetter les phases d'éveil-mouvements oculaires, succion automatique); quand il souhaite assouvir son besoin de succion (pas de tétine, ni lolette...); après le bain.

Les mises au sein se feront donc le plus fréquentes possible; quand l'enfant vraiment se manifeste comme ayant faim, "passer à autre chose" pendant quelques minutes, puis donner le complément de lait industriel. Le but est que l'enfant ne comprenne pas que mise au sein est suivie de miam-miam.

Quand l'enfant est enfin à la maison (et vous avez du lait maternel):

Il faut, quand il y a du lait, entamer un processus secondaire très important: diminuer les quantités de lait industriel qui suivent les mises au sein.

Attention: il ne s'agit pas de diminuer les doses sans réfléchir, ni affamer l'enfant, et le mettre en détresse nutritive.

Si vous exprimez votre lait entre deux tétées, et obtenez par exemple 20 millilitres de lait, il est envisageable de donner le sein, puis de proposer dans un premier temps, alternativement:

un complément diminué de 15 millilitres, et le complément suivant ne sera pas diminué. Au bout de quelques jours, quelques semaines le cas échéant, on diminuera encore les quantités.

Par exemple:

  • Premier jour: 90 ml - 75 ml - 90 ml - 75 ml - 90 ml etc
  • et au bout de quelques jours: tous les compléments à 75 millilitres.
  • Puis au bout de quelques jours: 75 ml - 60 ml - 75 ml - 60 ml - 75 ml

Il vous appartient à vous, à l'enfant, et aux indicateurs qui suivent, de déterminer quelles quantités diminuer, à quelle fréquence, il n'y a rien d'acquis; certaines femmes auront besoin de plusieurs semaines pour supprimer tous les compléments, d'autres moins, d'autres plus.

Il faudra toujours suivre les indicateurs suivants pour savoir si vous nourrissez votre enfant en quantité:

  • mouille-t-il 6 à 7 couches par jour?
  • a-t-il l'air épanoui, heureux...
  • a-t-il une croissance régulière (ne veut pas dire suit point à point les courbes théoriques des crnets de santé, mais observe une croissance régulière)

Comment donner le complément?

Optimalement, l'enfant ne prend pas le complément avec un biberon; il prend son complément avec un autre dispositif.

Par exemple: boire à la tasse, à la timbale, à la cuillère, ou bien avec le Soft-cup de Medela, ou le DAL de Medela;

Comment bien démarrer?

Pour bien débuter l'allaitement de votre enfant adoptif, il y a deux points à préparer :

  • Le premier suppose que le dossier d'adoption est tellement bien avancé que la mère connaît presque la date où enfin, elle sera maman. Bien sûr, rien n'est jamais totalement sûr à 100%. Alors il faudra réserver ce qui suit aux jours où la mère se sent bien dans sa tête, positive: deux trois mois avant d'être maman, il s'agit de commencer à se préparer physiquement par des massages aréolaires, des massages du sein, des expressions au tire-lait etc.... afin d'avoir déjà [un peu de] du lait le jour où....
  • Le second dépend pour beaucoup du mode d'adoption, mais si la future mère adoptive peut rencontrer la future mère naturelle, et lui parler, si la mère adoptive peut obtenir de venir les voir, mère naturelle et bébé, et commencer les mises au sein, alors cela peut être très bénéfique. Mais là, cela dépend des actes, de la législation, du type d'adoption....

Du courage, du soutien, de la confiance!

Ceci est obligatoire. Il faut savoir que allaiter un bébé adopté, ce n'est quand même pas si facile que cela, sur le plan physique déjà, et sur le plan moral.

Peu de personnes savent qu'on peut allaiter un enfant adopté (on ignore déjà qu'on peut relacter, c'est-à-dire relancer une lactation interrompue temporairement).

Pour beaucoup, la (future) mère désireuse d'allaiter son bébé adoptif sera qualifiée de femme inaccomplie, qui a besoin de se compléter dans une maternité qu'elle n'a pas vécue. Quelle pensée méchante!

Alors qu'au contraire, c'est une façon d'apporter quelque chose, un relationnel à l'enfant, sans pour autant s'imaginer enceinte. Allaiter, ce n'est pas porter un enfant dans son utérus.

C'est materner son enfant, lui apporter AMOUR ET RELATIONNEL ... et nourriture.

Vous noterez que "nourriture" est en troisième position. Car autant il peut être compris et but accompli d'apporter amour et relationnel, autant il peut être illusoire de mettre "nourriture physique" en première intention.

Et si le lait ne venait pas à 100%, et bien "le peu" qui serait sécrété représente un immense mot d'amour, qui mérite d'être applaudi, encouragé, à défaut d'être compris. Car le sein n'est pas que nourricier, il serait temps de le savoir.

Est-ce rare d'allaiter un enfant adoptif ?

En France, l'allaitement maternel est déjà "rare";il n'est pas protégé, et il n'est pas "promu" non plus.

Dans ce pays où allaiter plus de deux mois est gage de rareté extrême, l'allaitement d'un enfant auttre que celui dont on a accouché représente donc une minorité de minorité inconnue (pléonasme volontaire); on ne sait presque pas qu'il est possible de relancer une sécrétion lactée, alors induire une sécrétion lactée....

Ailleurs, aux USA ou certains pays d'Europe, par exemple, c'est déjà un phénomène mieux connu; il dépend beaucoup de la place de l'allaitement maternel au sein du pays.

Dans les pays à majorité allaitement, alors il est courant d'allaiter l'enfant orphelin ou adopté, "on ne se pose même pas de question".